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She Leads Africa : le rendez-vous de la jeunesse africaine qui innove !

Un workshop intensif pour donner à la jeunesse africaine les clef de sa propre autonomisation ? Bienvenue à She Leads Africa, le concept développé par Yasmin Belo-Osagie et Afua Osei, deux jeunes professionnelles qui après avoir fait leurs armes dans les entreprises comptant parmi les plus prestigieuses au monde, ont décidé de lever une armée de femmes entrepreneurs au Nigéria, et dans toute l’Afrique.

Ndidi Nnoli Edozien, fondatrice de Growing Business Foundation (GBF), entourée des participantes, She Hive Abuja, le 29 avril 2016. Crédit : Nigeria's Insights©.

Ndidi Nnoli-Edozien, fondatrice de Growing Business Foundation (GBF), entourée des participantes, She Hive Abuja, le 29 avril 2016. Crédit : Nigeria’s Insights©.

« Il n’y a pas d’outil plus efficace pour le développement que l’autonomisation des femmes ». Ces mots de Koffi Annan, ancien secrétaire général de l’ONU, en auront inspirés plus d’unes. Yasmin Belo-Osagie et Afua Osei en ont pour leur part bien intégré le sens. C’est dans cette optique que les deux comparses lancent en 2014 She Leads Africa, une entreprise sociale ayant pour but d’aider les femmes entrepreneurs à passer du statut de petite start-up ou PME, à celui de leaders sur le marché pan-africain. She Leads Africa ou SLA, offre à ces femmes un accompagnement dans le développement de leur idée, ainsi que l’accès à des professionnels avertis, qui apportent leurs conseils et leur experience sur des thèmes tels que le financement, le networking, … mais aussi les obstacles à déjouer en tant que femme dans le milieu de l’entrepreneuriat. Le tout dans un seul objectif : faire de ces start-ups les grands groupes de demain.

Ainsi à Abuja le week-end dernier, elles étaient une centaine, venues écouter les conseils d’éminentes personnalités telles que Zouera Youssofou, CEO de la fondation Dangote, Amina Mohammed, ministre nigériane de l’Environnement, Hadiza Bala-Usman, fondatrice du mouvement #BringBackOurGirls … et même le gouverneur de Kaduna State, Nasir El-Rufai, venu parler égalité des sexes dans une conversation à bâtons rompus avec son fils, devant une assistance totalement conquise !


Amina Mohammed, ministre nigériane de l'Environnement, durant un échange avec les participantes. Crédit : Nigeria's Insights ©.

Amina Mohammed, ministre nigériane de l’Environnement, durant un échange avec les participantes. Crédit : Nigeria’s Insights ©.

Nasir El Rufai, gouverneur de Kaduna State, venu parler égalité des chances dans le monde du travail. Crédit : Nigeria's Insights ©.

Nasir El Rufai, gouverneur de Kaduna State, venu parler égalité des chances dans le monde du travail. Crédit : Nigeria’s Insights ©.

Les sessions de question-réponses furent là-aussi l’occasion d’échanges productifs entre mentors et chefs d’entreprise en devenir, toujours pertinents, parfois très émouvants. Comme lorsque cette jeune mère de trois enfants, portant le voile, témoigne les larmes dans la voix de son désir d’entreprendre et de la réponse catégorique de son époux, « Tu as assez à faire avec les enfants à la maison, tu n’as pas besoin de travailler puisque je subviens aux besoins de la famille ». Ce à quoi Hadiza Bala-Usman lui répondra d’user de patience … et d’un peu de malice : « Pourquoi ne pas développer un business qui vous permettrais de travailler à domicile? ». Il y aura aussi le témoignage de Sa’adu, jeune esthéticienne qui rêve de développer sa ligne de produits cosmétiques, mais qui doit faire face à l’opposition de sa famille qui ne croit pas en ce projet.

Car comme le résumera si bien l’une des participantes, « C’est déjà bien compliqué d’être entrepreneur en Afrique, mais ça le devient encore plus lorsque l’on est une femme! ». Pourtant les statistiques de la Banque Mondiale sont sans équivoque. Environ deux tiers des femmes africaines sont activement impliquées dans les activités économiques du continent. La Banque Mondiale de Développement indique également que 63% des femmes dans la population active non agricole sont des travailleurs indépendants dans le secteur informel en Afrique. En cela, elles ont contribué à créer des milliers d’emplois, soutenant l’amélioration des moyens de subsistance des ménages et offrant une contribution significative à la croissance économique. Des chiffres nuancés par Afua Osei, qui rappelle les nombreux défis encore bien présents sur le continent. « L’accès à l’éducation, le financement, et les réseaux utiles sont limités, et les stéréotypes culturels continuent de restreindre l’ambition d’une femme », souligne-t-elle.

Durant l'une des nombreuses sessions workshop menées par She Leads Africa. Crédit : Nigeria's Insights ©.

Durant l’une des nombreuses sessions workshop She Leads Africa. Crédit : Nigeria’s Insights ©.

 À ce jour, She Leads Africa a déjà intégré près de 10.000 start-ups dirigées par des femmes à son réseau. Yasmin et Afua ont également lancé le tout premier concours de pitch à destination des femmes africaines, établi un partenariat avec Intel pour animer des ateliers à destination des entrepreneurs dans les secteurs de la haute technologie, entamé des discussions avec la plus grande banque du Nigéria pour créer un programme de prêt à faible intérêt pour les femmes entrepreneurs, et commencé à travailler sur une plate-forme de formation en ligne qui permettra de consulter des études de cas africains menées par des experts financiers. Le tout en un peu plus d’un an d’existence. Aliko Dangote, l’homme le plus riche d’Afrique, a alloué 1 million de dollars en prêts à faible coût pour le financement des start-ups placées sous l’égide SLA.


She Leads Africa c’est Yasmin Belo-Osagie et Afua Osei, âgée respectivement de 27 et 29 ans.

Yasmin Belo-Osagie (gauche), et Afua Osei, les co-fondatrices de She Leads Africa. Crédit : SLA©.

Yasmin Belo-Osagie (gauche), et Afua Osei, les co-fondatrices de She Leads Africa. Crédit : SLA©.

Originaire du Ghana, Afua, consultante en Gestion, est une ancienne boursière de la Fondation Fulbright en Malaisie, et diplômée de l’Université de Chicago avec une maîtrise en Administration des Affaires et des Politiques publiques. Des fourneaux aux salles de réunions, la ghanéo-nigeriane Yasmin Belo-Osagie, titulaire d’un diplôme en Histoire et en Finances de la prestigieuse université de Princeton, est aussi un sous-chef ayant fait ses armes au sein du Mandarin Oriental à Hong Kong. Après avoir troqué sa toque contre un tailleur, elle intègre le cabinet de conseil en stratégie McKinsey and Partners au Nigéria. C’est là qu’elle rencontre celle qui sera la co-fondatrice de She Leads Africa. Ensemble, Yasmin et Afua commencent à développer le projet, après avoir constaté le besoin pour les jeunes femmes africaines, d’avoir des modèles de réussite auxquels s’identifier. She Leads Africa sera à New York, puis à Nairobi au mois de juin prochain. Au total, SLA parcourra 7 villes en 2016.


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